Soi-même, c’est quoi ?
Il y a quelque chose qui me laisse penser que « soi-même » c’est être libre de quelque chose qui nous colle à la peau ? Comme si notre identité était prisonnière d’une étiquette ou d’une habitude ou d’une manière d’être au monde ou encore d’une somme de comportements que l’on perçoit chez moi. Il me semble après observation et expérimentation que cet angle n’est pas tout à fait juste ou du moins, s’il n’est qu’une vision extérieure de cette subjectivité interne qui ne peut être valable qu’à l’instant ?
Et si je refaisais mon monde avec des « si » et si je n’étais « rien » et si je devenais sans cesse, comme une matière qui se sculpte, au gré du vent, des inspirations, des sonorités, des sensations, des connaissances, des interactions, des idées, des mondes ?
Alain Damasio nous dit : « Se libérer, ne croyez surtout pas que c’est être soi-même. C’est s’inventer comme autre que soi. Autres matières : flux, fluides, flammes. ». C’est-à-dire être curieux d’aller vers ce que l’on peut créer sans peur d’essayer ou de commencer puis se laisser faire dans l’exploration pour ensuite se rendre compte de ce que l’on peut accepter ou refuser.
Parfois nous avons peur. Peur de ne plus être reconnu, de perdre la face, de trahir, d’être infidèle, d’être déloyal, de perdre le fil … au point de se perdre, de se sentir isolé parmi les autres, de perdre pied, de déprimer, de souffrir… Mais qu’est-ce qui se cache derrière cette peur ? Le message n’est-il pas assez clair au point de laisser encore l’action de la souffrance lancinante m’envahir ? Cette petite mort à laquelle je m’habitue peut-elle être arrêtée ?
S’expérimenter dans une autre forme, vivre une Métamorphoses. Se dépouiller des « vous êtes ceci » ou « vous êtes cela »… ça vous parle ?
Et si j’allais vers cet endroit ou je m’autorise à prendre forme, en toute sécurité ? Il y a peu de moments où l’on se permet totalement à n’être, ni ce qu’on attend de nous, ni ce que les autres attendent de nous, ni ce que notre passé nous dit que l’on devrait être, ni ce que l’on aimerait être un jour ? Etre tout ça à la fois, et en même temps, rien d’autre que nous, comment c’est de vivre dans cet entre-deux ? Un monde où les limites de l’autocritique et du jugement n’existent pas ?
Je l’imagine, il est chargé de tous les possibles. Je ressens toutes les capacités qui existent à l’intérieur de moi, toutes les facettes de moi-même que je n’ai pas encore explorées, tous les avenirs qui pourraient se précipiter vers moi, c’est comme être connecté à cette image qui grandit, à ces musiques qui s’accordent et s’harmonisent, le tout dans un océan de sensations rassasiantes. C’est rien que moi qui sans cesse devient.





